Culture

Le 24 novembre, jour du professeur de français … Une date à retenir dorénavant.

24 novembre, journée des professeurs de français…, créateurs d’avenir.

 Cette date est donc en vigueur depuis 2019 à l’initiative de la FIPF, fédération Internationale des professeurs de français. Nous sommes 900 000 profs de français, répartis sur les 5 continents, à enseigner la langue de Molière avec passion et engagement.

Voici le message officiel de sa présidente, Cynthia Eid:

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Voici ce qu’on a pu lire en introduction de cette journée si particulière dédiée à notre profession: 

«  Les professeurs de français ne se contentent pas d’enseigner une langue, ils ou elles sont aussi des créateurs d’avenir.

Dans certains pays, cela peut être la façon dont on conçoit la langue française, à l’échelle d’une école, d’une ville, de tout le territoire… ou la façon dont l’enseignant de français et son association inspirent les nouvelles générations à apprendre le français. Il peut s’agir aussi de la façon dont les autorités éducatives voient et soutiennent l’enseignement du français ou la façon dont le prof de français et son association interpellent ces autorités éducatives et facilitent l’écriture d’un autre avenir pour l’enseignement du français. »

Si la mobilisation des enseignants n’est pas à mettre en doute, si la volonté politique affichée semble claire et particulièrement offensive, quant est-il  réellement dans les faits? 

Ainsi, nous avons vu le président de la République française prendre un nouvel engagement la semaine dernière, dans un esprit de « reconquête »…

https://www.courrierinternational.com/article/influence-macron-a-la-reconquete-de-l-afrique-la-francophonie-est-la-langue-du-panafricanisme

Mais au-delà des bonnes intentions,  dans la vidéo de l’AIFP, il y est question de la capacité de notre profession à interpeller les autorités politiques quant aux engagements qu’elles ont pu prendre à un moment donné. Voici donc un texte écrit par Monsieur Crispin Mujanayi, professeur à Kinshasa, administrateur d’un groupe important de professeurs de français, qui en dit long sur le fossé qui existe parfois entre les paroles et les actes :  » Conformément au discours d’investiture du Président de la république française en 2017, le rayonnement de la langue française dans le monde ne peut se réaliser que si les enseignants disposent des moyens nécessaires, tant sur le plan matériel ( laboratoire  de langue, bibliothèque, amphithéâtre, moyens audio-visuels … ), que pour le fonctionnement des unités pédagogiques dans les écoles, l’organisation des séminaires de recyclage des enseignants de français dans tous les pays et la collaboration des différents groupes de professeurs de français. » 

Dans les temps troublés dans lesquels nous évoluons actuellement, nul doute que les professeurs de français contribuent un peu partout dans le monde à renforcer le quatrième pilier des objectifs de la Francophonie ( OIF) , à savoir «  promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’Homme ». Ainsi, nous ne savons pas ce que nous semons ici ou là quand nous partageons la langue française à d’actuelles ou futures générations de francophiles. Est-ce que dans 10, 20 ou 30 ans, dans une contrée plus ou moins proche ou lointaine, il y aura le type d’anecdote que je vais vous raconter ici :

Ceci s’est passé à 25 kilomètres de chez moi, dans une petite cité balnéaire du nom de Pornic. Fin août 1944, alors que c’est la débâcle générale pour les allemands un peu partout en France, ici ils continuent de tenir leurs positions dans ce qu’on appelle la poche de Saint Nazaire. Je laisse notre spécialiste local, Michel Gautier, détailler l’événement : «   Survient la journée du 26 août. À 8 h, le maire de Pornic, Fernand de Mun, est appelé par le commandant allemand Meyer, qui contrôle la place de Pornic. Deux soldats allemands auraient été tués et un officier blessé pendant la nuit, lors d’une opération de recherche d’un résistant pornicais, Maurice Pollono. En réalité, seul un officier a bel et bien été blessé, mais le capitaine Meyer annonce de lourdes représailles : la ville sera bloquée et la commune doit constituer une liste de 20 otages, tant que les « terroristes » à l’origine de ces événements ne se dénoncent pas. » 

Ce qu’il faut savoir c’est qu’à l’époque, il y avait eu  des rencontres entre Rostislaw Loukianoff, photographe installé à Pornic et son compatriote, le major Potiereyka, un colonel de l’Armée Vlassov, né comme lui à Kiev et commandant un escadron du 752ème bataillon d’artillerie des Osttruppen appartenant à la 275ème division d’infanterie allemande cantonné dans le secteur de Pornic au moment où se forme la poche sud de Saint-Nazaire. 

C’est donc Raymonde Loukianoff, sa femme, qui interviendra auprès du major pour faire libérer les otages : « À midi passé, elle couche Boris dans son landau, rassure Yannick et descend avec ses enfants vers le port en compagnie des centaines de Pornicais répondant à l’ultimatum de Meyer de se rassembler place du Môle. Chaque Pornicais dénonçant quiconque ayant agi contre les Allemands, délivrera l’un des 20 otages de la place. Si personne n’est désigné, « le feu sera mis aux quatre coins de la ville ». Très vite, la liste d’otages est établie : maire, adjoint, conseillers municipaux, le curé lui-même, entre autres, s’inscrivent comme volontaires, et Meyer complète la liste. À 13 h, comme convenu, la foule est rassemblée, terrorisée, canons et mitrailleuses allemandes braqués sur elle. »

L’épilogue de cette histoire n’aura lieu que le lendemain après des heures terriblement angoissantes où des tractations vont permettre la libération des otages puis le départ définitif de l’unité commandée par Meyer… 

Quel rapport avec notre sujet du jour me direz-vous? Et bien peut-être sans doute le fait que Raymonde Loukianoff ait pu s’exprimer dans la langue du major Potiereyka et que celui-ci soit un francophile … 

Voici le lien vers le site qui raconte cette histoire en intégralité : 

http://chemin-memoire39-45paysderetz.e-monsite.com/medias/files/raymonde-loukianoff-figure-discrete-de-la-resistance-pornicaise.pdf

Les professeurs de langue étrangère, quelle qu’elle soit, sont des vecteurs de paix en puissance, parfois même sans le savoir, alors  qu’il leur soit donné les moyens d’agir dans une dynamique de plurilinguisme et d’ouverture culturelle à l’autre.

Et enfin, pour celles et ceux qui ont lu jusqu’au bout ce long article, voici la récompense finale avec le magnifique hommage de Dany Laferrière, écrivain et académicien, à son propre professeur de français :

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La langue française en liberté : petit éclairage sur l’argot, le verlan et autres particularités idiomatiques…

Quand Urbain fait ses excuses aux « végans » au festival de Montreux, pour finir par faire une déclaration d’amour à la langue française, il faut vraiment maîtriser une toute autre langue que celle qui est enseignée dans nos salles de classe et pourtant ses libertés lexicales et ses familiarités sont tout à fait en usage et parfaitement compréhensibles pour une majorité de francophones natifs …

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Les registres de langue sont classiquement  au nombre de trois, le registre courant, soutenu et familier mais il y en a d’autres, dont l’argot.

L’argot amuse, l’argot fascine, l’argot est considéré comme quelque chose de « plaisant », il y a une jubilation à utiliser cette langue «  marginale », cette langue dans la langue, une sorte d’enclave de liberté dans un cadre linguistique parfois perçu comme un peu trop figé, un peu trop sérieux…

Voici une définition de base :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Argot

Pourquoi une telle présence de l’argot dans le français dans le contexte informel? Comment se déroule le processus de dissémination à toutes les classes sociales?

A la base, il s’agit bien d’un registre différent qui a un objectif de communication pour conserver une forme d’ « entre-soi » dans certaines classes dites populaires. Seulement, peu à peu, le temps aidant, certains mots argotiques sont parfois assimilés jusqu’à devenir la norme, quand une majorité des locuteurs l’utilisent. Il va de soi que ces mots entrent officiellement dans les dictionnaires en vigueur, après validation des lexicographes.

Comment se passe le processus ? Si il s’agit bien originellement d’un usage particulier, circonscrit à un groupe socialement marqué, peu à peu l’usage s’étend aux classes dites «  moyennes » pour atteindre les classes supérieures par un processus d’assimilation progressive … L’utilisation d’un mot bénéficiant d’une sorte de phénomène de mode, parce que « ça fait bien » de dire ce mot argotique à la place d’un mot plus usuel, ça fait plus «  branché », voire «  chébran »…

Citons le mot «  taf » à la place de travail, « taffer » à la place de travailler …

Voici quelques  ambassadeurs de cette langue qu’on dit «  fleurie » :

Tout d’abord, citons Pierre Perret qui a largement utilisé l’argot dans ses chansons jusqu’à aller jusqu’à écrire un livre «  Le petit Perret illustré » puis carrément un dictionnaire de l’argot  ;

Découvrez ce poète argotique incontournable via son site internet :

https://pierreperret.fr/son-oeuvre/biographie/

Il a par exemple repris les Fables de la Fontaine à sa manière…

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Comment parler d’argot sans évoquer Georges Brassens avec les mêmes intentions, jouer avec les mots dans une dimension souvent engagée et libertaire.

Voici un aperçu d’un vocabulaire particulièrement riche et choisi, où l’argot se mêle aux particularismes les plus recherchés :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Mots_de_Brassens

En milieu rural, jusqu’au milieu du 20 ème siècle, on utilise un patois local qui a le même rôle que l’argot : avoir un langage bien à soi, appartenant à un groupe géographique. Or, l’argot se construit à Paris et dans la région parisienne, un territoire qui bénéficie d’une langue qui n’a ni vraiment d’accentuation, ni vraiment d’histoire … Et l’image d’Epinal, c’est le Gavroche de Victor Hugo, dans Les Misérables , un enfant des rues qui utilise un langage familier pour communiquer avec les membres de son groupe social, l’idée étant de ne pas être compris par les bourgeois ou les autorités.

Un chanteur populaire a cultivé ce style, jusque dans l’aspect vestimentaire, justement à la Gavroche… « Renaud », chanteur libertaire qui aura marqué son époque en ajoutant sa pierre à l’édifice d’une langue française alternative  au fil de ses chansons, mêlant argot et verlan ainsi que créations plus personnelles, prenant de grande liberté avec les constructions grammaticales ou la conjugaison. Les thématiques des chansons tournent autour de l’engagement, des revendications sociales, de la critique des régimes autoritaires mais aussi de belles histoires d’amour et d’amitié.

Voici l’exemple célébrissime avec « Laisse béton » :

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Ou bien encore «  Dans mon HLM »:

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Voici une étude complète très éclairante sur le plan lexical et  linguistique …

http://www.sharedsite.com/hlm-de-renaud/bibliotheque/etudiant/e_ania_hawro/ania_hawro_00_02_00_neologie.htm

En conclusion, voici un dernier exemple de langage «  codé », le fameux « louchebem », autrement dénommé l’argot des bouchers : 

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Pour aller plus loin, voici un site à vocation pédagogique  plutôt complet pour aborder la question avec vos apprenants: 

Pour ma part, je vous propose une activité basique mais très efficace et très facile à mettre en oeuvre, c’est de reprendre une des sources citées dans cet article en demandant aux apprenants d’aller à la chasse aux mots familiers puis d’en proposer une version en mots courants, voire soutenus. 

De très nombreux textes de chanteurs contemporains sont propices à ce type d’activité lexicale. Si vous prenez le tout début d’ ‘’Alors on danse’’ de Stromae : « Qui dit études dit travail, Qui dit taf te dit les thunes,… » Vous pouvez demander à vos étudiants d’apporter eux aussi des chansons qu’ils pourront préalablement étudier pour en partager l’analyse lexicale avec leurs camarades.

Quand les moulins de votre coeur se mettent à tourner…

« Tous les moulins de mon coeur » de Michel Legrand, un véritable hymne d’amour à la chanson française mais aussi une idée toute trouvée pour illustrer la figure de style de la comparaison. 

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Voici un autre version plus récente par Slimane :

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Et bien sûr la version bilingue de Tina Aréna, « The Windmills of Your Mind »  avec son magnifique accent :

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En voici le texte original.

Comme une pierre que l’on jette dans l’eau vive d’un ruisseau

Qui laisse derrière elle des milliers de ronds dans l’eau

Comme un manège de lune avec ses chevaux d’étoiles

Comme un anneau de Saturne, un ballon de carnaval

Comme le chemin de ronde que font sans cesse les heures

Le voyage autour du monde d’un tournesol dans sa fleur

Tu fais tourner de ton nom tous les moulins de mon cœur

Comme un écheveau de laine entre les mains d’un enfant

Ou les mots d’une rengaine pris dans les harpes du vent

Comme un tourbillon de neige, comme un vol de goélands

Sur des forêts de Norvège, sur des moutons d’océan

Comme le chemin de ronde que font sans cesse les heures

Le voyage autour du monde d’un tournesol dans sa fleur

Tu fais tourner de ton nom tous les moulins de mon cœur

Ce jour-là près de la source, Dieu sait ce que tu m’as dit

Mais l’été finit sa course, l’oiseau tomba de son nid

Et voilà que sur le sable nos pas s’effacent déjà

Et je suis seul à la table qui résonne sous mes doigts

Comme un tambourin qui pleure sous les gouttes de la pluie

Comme les chansons qui meurent aussitôt qu’on les oublie

Et les feuilles de l’automne rencontrent des ciels moins bleus

Et ton absence leur donne la couleur de tes cheveux

Une pierre que l’on jette dans l’eau vive d’un ruisseau

Et qui laisse derrière elle des milliers de ronds dans l’eau

Au vent des quatre saisons, tu fais tourner de ton nom

Tous les moulins de mon cœur

Processus pédagogique :

Le terme de « comparaison » trouve son origine en 1174 dans l’ouvrage de Saint-Thomas d’Aquin, De Potentia. Le terme est exprimé par le latin comparatio, dans le sens d’« action de comparer pour faire ressortir les ressemblances et les différences ».

Le premier à véritablement utiliser le terme de comparaison est Aristote. Dans le troisième livre de la Rhétorique, le philosophe fait la distinction entre la metaphora et l’eikon, qui met en jeu un « comparant » et un « comparé ».

Peu à peu, la comparaison est devenue l’une des figures de style les plus populaires. 

Par exemple Homère l’a beaucoup utilisée dans l’Iliade et l’Odyssée, de sorte qu’on parle désormais de « comparaison homérique » « Et cette terre était proche, et elle lui apparaissait comme un bouclier sur la mer sombre. »

Reformulation : Observer les comparaisons du texte et les expliquer avec vos mots à vous.

Quelques  exercices amusants pour pratiquer et ainsi mieux comprendre cette figure de style :

https://www.francaisfacile.com/exercices/exercice-francais-2/exercice-francais-65322.php

ou 

https://www.francaisfacile.com/exercices/exercice-francais-2/exercice-francais-3564.php

Bien comprendre et différencier la comparaison de la métaphore :

https://www.francaisfacile.com/exercices/exercice-francais-2/exercice-francais-122544.php

Dans le texte de la chanson, remplacer le comparatif «  comme » par un autre comparatif issu d’une liste.

Ecriture : 

Imaginer d’autres comparaisons sur ce thème universel de l’amour.

Et si c’était la faute de l’orthographe tout simplement ?( 2ème partie)

Ou pourquoi il faut absolument relativiser et dédramatiser pour s’en sortir … 

Cette fois-ci c’est Ke Bi qui nous demandait : «  Avez-vous une explication à la prononciation de la lettre x ( s ) dans dix-sept et ( z )  dans dix-neuf?  

Une image vaut mille mots et nous allons laisser Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, linguistes de formation, répondre à cette question de manière désopilante. 

Petit aperçu, en images, des incongruités de notre langue adorée, dans cette conférence humoristique à haute valeur ajoutée sur certains aspects historiques, linguistiques et phonologiques de l’évolution de la langue française…

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Pour information, En 2016, ils écrivent et mettent en scène le spectacle « La Convivialité », au Théâtre National de Bruxelles. Ce spectacle conférence qui traite de la question du rapport dogmatique à l’orthographe tourne depuis 3 ans dans toute la francophonie. Dans la foulée, ils publient l’ouvrage « La faute de l’orthographe », aux éditions Textuel. Ils se définissent comme suit : « Linguistes dilet(t)antes. Pédagogues en (robe de) chambre. Tentent de corriger le participe passé. Écrivent des trucs. Vrais-Faux Comédiens. Bouffeurs d’Académicien ».

A la question « est-ce que ça se dit ? « , Arnaud et Jérôme répondent invariablement « oui, tu viens de le faire ».

Orthographe…. La bête noire des apprenants étrangers, mais pas que…. ( 1 ère partie)

La question du jour est de Amer Grine, du groupe : Français, lire et écrire

J’aimerais bien savoir comment vous avez fait pour apprendre l’orthographe des mots en français … C’est une orthographe très difficile qui contient beaucoup d’exceptions…Comment faire pour avoir dans la tête tous ces mots ?

Voici ma réponse : 

A partir du moment où une grande partie des français natifs ont eux-mêmes des difficultés importantes avec le français écrit, votre objectif d’excellence est louable mais quasiment inaccessible pour trois raisons : 

1- les difficultés et les exceptions ont été générées consciemment au fil des siècles par la classe dominante pour classer et trier les apprenants par niveaux et empêcher l’accès à la connaissance et aux postes à responsabilités aux classes populaires ! 

2- des querelles politiques et éducatives ont accentué ces difficultés faute d’avoir trouvé un consensus entre les « classiques » et les « modernes »… D’où une sorte de double système qui co-existe en dominant alternativement en fonction du bord politique au pouvoir! 

3- les réformes successives et les évolutions « sociétales » de la langue ont le plus souvent tendu à complexifier le français, la dernière en date de 1990 en est une parfaite illustration, j’aurai l’occasion de revenir sur celle-ci…

Moralité, faites de votre mieux et prenez du plaisir sans culpabiliser. Amusez-vous avec la langue française, appréciez sa musicalité et surtout partagez son art de vivre! 

Pour illustrer mon propos, voici une vidéo jubilatoire de Muriel Gilbert qui va vous faire une démonstration très instructive et édifiante sur un mécanisme à l’oeuvre depuis des siècles. Ce qu’elle vous dit mérite donc d’être connu afin de RELATIVISER et SE DETENDRE avec les difficultés de la langue française pour en faire une gymnastique ludique et non une torture perpétuellement vaine! Partager cette vision avec les apprenants donne une bouffée d’air pur sans pour autant nous départir de notre goût de l’excellence.

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Cette année-là…. Attention, séquence nostalgie…

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Les francophones natifs ont moins de cinq  secondes pour se souvenir de quelle année il s’agit…

C’est une des chansons les plus célèbres de « Cloclo » qui peut servir de support pour une activité A2-B1-B2 ;

Morphologie et valeurs des temps du passé :

1 : Repérer les formes à l’imparfait et les justifier.

2 : Pourquoi certains verbes sont au présent ou au passé composé?

Réécriture : Choisir l’année de votre choix et modifier le texte en fonction des événements de cette année-là… Vous pouvez choisir votre année de naissance par exemple. 

Compréhension de texte : Faire défiler le texte pour faire deviner de quelle année il s’agit avant la fin de la chanson….

Interdisciplinarité : Faire apprendre la chorégraphie pour la chanter en mode karaoké par groupe de 5 pour incarner Cloclo et ses 4 Clodettes …

Cette année-là

Je chantais pour la première fois

Le public ne me connaissait pas

Quelle année cette année-là

Cette année-là

Le rock’n’roll venait d’ouvrir ses ailes

Et dans mon coin je chantais belle, belle, belle

Et le public aimait ça

Déjà les Beatles étaient quatre garçons dans le vent

Et moi ma chanson disait marche tout droit

Cette année-là

Quelle joie d’être l’idole des jeunes

Pour des fans qui cassaient les fauteuils

Plus j’y pense et moins j’oublie

J’ai découvert mon premier mon dernier amour

Le seul le grand l’unique et pour toujours le public

Cette année-là

Dans le ciel passait une musique

Un oiseau qu’on appelait Spoutnik

Quelle année cette année-là

C’est là qu’on a dit adieu à Marilyn au cœur d’or

Tandis que West Side battait tous les records

Cette année-là

Les guitares tiraient sur les violons

On croyait qu’une révolution arrivait

Cette année-là

C’était hier, mais aujourd’hui rien n’a changé

C’est le même métier qui ce soir recommence encore

C’était l’année soixante deux

C’était l’année soixante deux

C’était l’année soixante deux

C’était l’année soixante deux

Contexte historique :

On retrace ici des faits qui se sont produits au cours de l’année 1962, à la fois sur le plan personnel (sa rencontre avec son public, son premier succès Belles, belles, belles, sa chanson Marche tout droit sortie en février 1963), mais aussi sur la scène internationale:

La petite histoire de cette chanson : 

La chanson est une reprise du tube December, 1963 (Oh, What a Night) de Frankie Valli & The Four Seasons sur une mélodie de Bob Gaudio, sorti en 1975 et qui devient no 1 aux États-Unis l’année suivante. 

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« Alors que Claude François cherche des nouvelles chansons dans les bureaux de son label Flèche. Il fouille dans un tiroir du bureau de son directeur artistique et y découvre ce disque de Frankie Valli qu’a écarté Bourtayre. Emballé, il demande à son parolier d’écrire les paroles en français, avec des références à ses débuts en 19621.

La chanson paraît en juillet 1976 en face B du cinquante-quatrième disque de Claude François, La Solitude, c’est après. Devant le peu de succès de la face A, chanson plus lente (les fans de Claude François le préféraient dans des musiques plus rythmées), le chanteur décide d’intervertir les deux titres et represser le disque en plein été 1976. La chanson se vend à plus de 200 000 exemplaires, et Claude François en chante aussi une version italienne (Quell’ anno là) la même année. »

Ce véritable tube a été repris quasiment sans modification et remis au goût du jour 

 dans la version de M.Pokora :

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Par contre, c’est surtout l’orchestration que Yannick a repris en revisitant l’intégralité du texte :

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Le chanteur qui a entendu le titre lors d’une soirée de mariage chez un ami vend plus d’un million sept cent mille exemplaires de sa reprise. 

On remarque que la chorégraphie, elle, reste inchangée…

En 2022, c’est champagne!!!!

Pour bien commencer l’année, voici une activité de haut niveau pour s’adapter au goût du jour mais surtout à l’excellence de ce que vous allez lire…

Compréhension de texte Niveau C1/ C2 :

Dom Pérignon Plénitude 2 et l’art de la Haute Gastronomie. 

https://dom-perignon-plenitude-2-millesime.lemonde.fr/?utm_source=polar&utm_medium=lemondempubrf&utm_campaign=domperignon&mvt=post&mvn=53ee01067297414ca5eec18087784350&mvp=NA-MPUBL-11240102&mvl=Fn-Social%20Content%20[Social%20Layout]&fbclid=IwAR02RJiw8C3glt3FFAdHqcCx6paXOdacn75h7rwyUAZZMiu39Xtj8y63EfU

Consigne : après avoir recherché le nouveau vocabulaire, isolez les expressions que vous n’arrivez pas à comprendre, puis répondez aux trois questions suivantes à l’oral ou à l’écrit:

1 : Pourquoi ce champagne est-il exceptionnel ? Donnez au moins trois raisons différentes en reformulant les arguments du texte.

2 : Que pensez-vous des accords « mets et vin » proposés par les deux chefs étoilés?

3 : Quelle image vous faites-vous de la gastronomie française et de son savoir-faire?

Situation réelle de communication  : «  Vous souhaitez acquérir une caisse de ce millésime dans une cave haut de gamme, imaginez le dialogue entre vous et le caviste. »

Même si la langue française se déguste sans modération, n’oublions pas que ce n’est pas le cas pour ce fabuleux breuvage…

L’énigme de Noël

Alma et Alfred Hitchcock ont envoyé ce message pour le moins sibyllin à un interlocuteur francophone, François Truffaut, qui venait tout juste d’arriver à Beverly Hills, fin 1973. Il s’agit donc d’un message codé que vous pouvez décrypter en observant attentivement l’alphabet qui se trouve sous vos yeux….

Regardez bien … Il manque une lettre… Et si elle n’est pas là, on peut donc dire dans la langue des locuteurs : Un très heureux  » no … »

L’art de la conversation, une responsabilité partagée…

Quand il parle, il parle, il parle et que je n’arrive pas à en placer une…

C’est parfois une situation très embarrassante pour les apprenants, que d’avoir beaucoup travaillé en amont pour pouvoir intervenir dans une conversation et de se retrouver dans un échange où un locuteur natif français accapare la prise de parole sans laisser de place à l’interlocuteur qui pourtant fait l’effort de parler en français. C’est encore pire quand nos apprenants comprennent 90 % des informations qui sont transmises et qu’il n’y a pas de problème particulier de vocabulaire ou de contextualisation. 

Ceci génère de la frustration et aussi un doute quant à sa propre capacité à intervenir, à prendre la parole et à interagir avec des francophones de souche. En effet, il est rare d’avoir à disposition un «  bâton de parole » qui permet de réguler les temps de parole et d’écoute active…

Un vague sentiment de honte envahit parfois le locuteur qui n’a pas su ou pu s’impliquer dans la conversation : «  Je n’ai pas répondu à SES attentes à lui… J’aurais dû parler davantage… Pourquoi suis-je resté silencieux… Pourtant j’avais envie de parler… » Un sentiment d’échec peut durablement impacter les prochaines conversations, et pourtant ce n’est pas très juste.

Ce qu’il faut avoir à l’esprit, c’est que dans un échange, la responsabilité de la qualité des informations transmises porte sur les deux locuteurs. Si l’un des deux est manifestement très volubile, il y a lieu de RELATIVISER et de ne pas prendre pour soi, une incapacité à prendre la parole.

En prenant un peu de hauteur, ce qui est essentiel, c’est l’objectif de cette conversation : 

Quelles sont les informations que je devais entendre et quelles sont celles que je devais transmettre?

Pour trouver une place dans cet échange, il faut provoquer des temps de respiration  grâce à un outil : l’art de la reformulation.

Voici quelques phrases-types qui peuvent être utiles en pareil cas :

Peut-on faire une pause pour reformuler ce que nous nous sommes dit s’il vous plait?

Est-ce qu’on peut faire un bilan de notre conversation ?

Est-ce que j’ai oublié quelque chose d’important?

Si, j’ai bien compris, ce que nous nous sommes dit…

Si je vous comprends bien, vous avez essayé de me dire que…

Vous me dites que…

Pour conclure, dans son ouvrage de psychologie pratique mondialement connu, Comment se faire des amis , Dale Carnegie donne 28 conseils, et le 9 ème est le suivant : « Encouragez les autres à parlez d’eux-mêmes. » 

On peut y lire : « Pour bien démarrer une discussion, vous pouvez poser des questions simples. Trouvez des points communs et focalisez sur ce sujet que vous semblez parfaitement connaître tous les deux ! Il est possible que vous perdiez votre langue. Mais ne vous affolez pas, car cela vous donne une occasion en or pour vous concentrer sur ce qui compte : EUX ! Il est toujours bon de laisser les autres parler d’eux, tant pour mieux les connaître que pour le simple fait que les gens aiment parler d’eux-mêmes. »

Donc, si nos apprenants n’ont pas pu en placer une dans la discussion et que celle-ci s’est transformée en monologue, ils se sont peut-être fait un ami de plus, français qui plus est!!! Avec l’espoir de fructueux échanges … pour la prochaine discussion, bien entendu!

Et si on parlait bouffe?

L’alimentation est propice, comme de nombreux autres domaines liés au quotidien, à l’utilisation d’une langue plus familière, plus imagée, plus souple, plus amusante : l’argot ( slang).

Dans la recette, proposée ici de manière humoristique, il y a donc trois mots : « bidoche », « gnôle » et « des plombes », j’y ajoute le titre de l’article  » la bouffe ».

La « bidoche » : c’est la viande en général, quelle qu’elle soit : boeuf, poulet, mouton, agneau… :  » J’adore la bidoche, vas-y tu peux m’en remettre un morceau!!! »

La « gnôle » : c’est un alcool souvent très fort comme de l’eau de vie, du calvados, de l’armagnac, chaque région de France ayant ses spécialités… : « Allez, sers-nous un coup de gnôle, ça va nous réchauffer! » (Bien sûr, ceci n’est qu’un exemple, à consommer avec modération…)

Des  » plombes » : ça désigne un grand nombre d’heures, un temps très long souvent indiqué de manière péjorative. Il m’a fait attendre pendant des plombes!!!

Et pour finir  » la bouffe », c’est tout ce qui se mange en général.

En France, on aime la bonne bouffe!!!! Et, nos chefs cuisiniers luttent contre la « mal-bouffe »! Chez Pascal, c’est tout compris : il y a les cours, le logement et en plus, il fait de la bonne bouffe!!!! Des questions? Envie d’en savoir plus sur ces expressions, contactez-moi par mail : pascal.rabevolo@gmail.com.